Comprendre · Faux conseiller bancaire

Faux conseiller bancaire : reconnaître l'arnaque et réagir

Un appel qui semble venir de votre banque annonce une fraude en cours et demande d'agir tout de suite. Aucune banque ne demande de valider une opération ni de communiquer un code par téléphone : raccrochez et rappelez-la vous-même sur son numéro officiel.

Mis à jour le 7 septembre 2026 · DYLETH

Définition

Une escroquerie qui vous fait valider la fraude vous-même.

La fraude au faux conseiller bancaire est une escroquerie par téléphone. Une personne se présente comme votre conseiller ou comme le service anti-fraude de votre banque, affirme qu'une opération suspecte est en cours et vous guide, étape par étape, pour « la bloquer ». Les gestes demandés — valider une opération dans l'application, communiquer un code reçu par SMS, effectuer un virement, remettre sa carte à un coursier — servent en réalité à autoriser la fraude.

L'appel paraît crédible parce que l'interlocuteur connaît souvent votre nom, votre banque ou vos dernières opérations — des informations issues d'une fuite de données ou d'un hameçonnage antérieur — et parce que le numéro affiché ressemble à celui de votre agence. D'après la Banque de France, la fraude « par manipulation », qui regroupe le faux conseiller bancaire, la fraude au président et la fraude aux coordonnées bancaires, pèse environ un tiers des montants de la fraude aux moyens de paiement en France. Selon Cybermalveillance.gouv.fr, les demandes d'assistance de particuliers liées au faux conseiller bancaire ont progressé de 159 % en 2025.

Mode opératoire

Comment se déroule l'appel.

01

Un contact qui installe la peur

Parfois un SMS annonce d'abord un achat ou un virement suspect et invite à appeler un numéro d'« opposition ». Parfois l'appel arrive directement. Dans les deux cas, l'objectif est de vous mettre en état d'alerte.

02

Un numéro qui semble officiel

L'appelant recourt à l'usurpation de numéro (spoofing) pour faire apparaître le nom ou le numéro de votre banque sur l'écran. Cet affichage ne prouve jamais l'identité de la personne au bout du fil.

03

Une mise en scène rassurante

L'interlocuteur dit vouloir « annuler » ou « sécuriser » l'opération. Il reste en ligne, demande de ne pas raccrocher et de ne prévenir personne le temps de la « procédure ».

04

La demande décisive

Valider une notification dans l'application bancaire, dicter un code d'authentification reçu par SMS, réaliser un virement « de test » vers un compte présenté comme sûr, ou remettre sa carte à un coursier. Ce sont ces actions qui déclenchent la perte.

05

Des relances

Après un premier succès, de nouveaux appels ou des messages par SMS et par messagerie (WhatsApp) peuvent suivre pour obtenir d'autres validations.

Signaux d'alerte

Ce qui doit vous faire raccrocher.

Pendant l'appel

La bonne séquence.

01

Ne validez rien

Aucune notification, aucun virement, aucune opération. Une banque n'a besoin d'aucune action de votre part pour bloquer une transaction.

02

Ne communiquez aucun code

Un code reçu par SMS, un mot de passe ou un cryptogramme ne se dictent jamais, même à un « conseiller ».

03

Raccrochez

Vous n'avez pas à vous justifier. Un vrai conseiller comprend que vous vouliez rappeler.

04

Rappelez votre banque vous-même

Composez le numéro figurant au dos de votre carte ou sur vos documents bancaires officiels. N'utilisez ni le numéro communiqué par l'appelant, ni celui affiché pendant l'appel.

Après coup

Si vous avez déjà validé une opération.

Agir vite augmente les chances de bloquer les fonds. Les démarches ci-dessous sont celles indiquées par les organismes publics ; l'issue d'une demande de remboursement dépend ensuite de votre situation.

Le remboursement n'est pas automatique : il dépend notamment du caractère autorisé ou non de l'opération et de la rapidité de l'opposition. Les recours ci-dessus permettent de faire valoir votre dossier.

Usurpation de numéro

Peut-on se fier au numéro qui s'affiche ?

Non. L'usurpation de numéro, ou « spoofing », permet à un appelant de faire afficher n'importe quel numéro, y compris celui d'une banque ou d'une administration. C'est l'une des pratiques en plus forte hausse dans les demandes d'assistance de Cybermalveillance.gouv.fr, en progression de 517 % en 2025. Un numéro connu à l'écran ne garantit donc jamais l'identité de la personne au bout du fil. Le mécanisme de l'appel frauduleux est détaillé dans notre page sur le vishing.

Avec DYLETH

Filtrer les appels à risque avant de décrocher.

Le module Anti-fraude Appels analyse le numéro de chaque appel entrant — sur le réseau GSM comme sur les applications VoIP — et affiche un signal clair, vert, orange ou rouge, avant que vous ne décrochiez. Une annonce vocale de l'appelant est activable depuis le tableau de bord, et la base de signatures est enrichie en continu.

DYLETH n'accède à aucune donnée bancaire et ne remplace pas les dispositifs anti-fraude de votre banque : il aide à repérer l'appel suspect avant l'échange. Les six modules destinés aux particuliers sont gratuits.

Un repère avant de répondre à une demande pressante.

DYLETH analyse appels, SMS, e-mails et liens, et vous alerte avant l'interaction.

Signalement

Où signaler l'arnaque.

Pour distinguer signalement, plainte et démarches bancaires, consultez notre guide : qui contacter pour signaler une arnaque ?

À retenir

Trois réflexes.

Sources

  1. Cybermalveillance.gouv.fr — « Que faire en cas de fraude au faux conseiller bancaire ? », fiche réflexe (mise à jour le 7 mai 2026).
  2. Cybermalveillance.gouv.fr — Rapport d'activité et état de la menace 2025 (publié le 26 mars 2026).
  3. Banque de France — « Fraude aux moyens de paiement », information aux particuliers.
  4. Banque de France — Observatoire de la sécurité des moyens de paiement, rapport annuel 2024 (publié le 9 septembre 2025).
  5. Service-Public.fr — « Fraude à la carte bancaire » (vérifié le 13 février 2026).