Comprendre · Arnaque au président

Arnaque au président : reconnaître le faux dirigeant qui exige un virement

L'arnaque au président, ou fraude au faux dirigeant, consiste à se faire passer pour le patron de l'entreprise ou du groupe afin d'obtenir d'un salarié un virement « urgent et confidentiel ». C'est une variante de l'escroquerie aux faux ordres de virement (FOVI). Avant tout virement imprévu, rappelez le dirigeant sur un numéro interne connu et faites valider par une deuxième personne.

Mis à jour le 22 octobre 2026 · DYLETH

On vous annonce plutôt un nouveau RIB de fournisseur ? Voir la fraude au faux fournisseur.

En bref.

Définition

Qu'est-ce que l'arnaque au président ?

Cybermalveillance.gouv.fr classe la fraude au président dans l'escroquerie aux faux ordres de virement (FOVI) : une arnaque qui, par persuasion, menaces ou pressions, pousse la victime à faire un virement qu'elle n'avait pas prévu. Dans cette variante, l'escroc usurpe l'identité d'un dirigeant, et son message se veut « urgent et confidentiel ». Le compte qui reçoit l'argent appartient souvent à l'escroc et se trouve souvent à l'étranger.

La DGCCRF décrit le même scénario : le fraudeur se présente comme le président de la société mère ou du groupe, prend contact par courriel ou par téléphone, installe la confiance en quelques échanges, puis demande un virement international non planifié. Les entreprises sont les premières visées, mais la DGCCRF précise que les services de l'État, les collectivités locales et les établissements publics de santé sont aussi concernés.

Les autres variantes du FOVI sont la fraude au faux fournisseur (un faux fournisseur annonce un nouveau RIB) et la fraude au faux salarié (un faux employé demande que son salaire soit versé sur un autre compte).

Mode opératoire

Comment se déroule l'arnaque au président ?

01

La préparation

L'escroc étudie l'organisation à partir d'informations publiques : site web, réseaux professionnels, organigramme, noms des dirigeants, clients et fournisseurs. Il repère qui peut faire un virement et à quel moment les responsables sont absents. La DGCCRF note que ces arnaques sont plus fréquentes pendant les congés et les périodes de trouble.

02

Le faux message du dirigeant

Un e-mail arrive au nom du dirigeant. Il peut venir de sa vraie messagerie si elle a été piratée, ou d'une adresse presque identique : la CNIL décrit des noms de domaine proches, avec une lettre changée ou une autre extension. Le message évoque une opération sensible (rachat, contrôle, contrat) et demande de ne pas en parler. C'est souvent un hameçonnage très ciblé.

03

L'appel qui « confirme »

L'escroc appelle pour appuyer sa demande. Le numéro affiché peut être usurpé : c'est du vishing. Avec l'intelligence artificielle, la voix peut aussi être imitée, et l'ordre peut même être « confirmé » par une visioconférence truquée (voir les deepfakes).

04

Le virement

Sous la pression de l'urgence et du secret, le salarié fait le virement vers le compte indiqué, souvent à l'étranger. La fraude est souvent découverte plus tard, quand le vrai dirigeant n'a jamais entendu parler de l'opération.

Signaux d'alerte

Quels signes doivent vous alerter ?

Avant de payer

Comment vérifier une demande de virement ?

01

Ne vous laissez pas presser

La DGCCRF conseille de ne pas agir dans la précipitation, malgré l'insistance de l'interlocuteur. Une vraie demande du dirigeant supporte quelques minutes de vérification.

02

Faites un contre-appel

Rappelez le dirigeant, ou son assistant, sur un numéro interne déjà connu : annuaire de l'entreprise, contacts enregistrés. N'utilisez jamais le numéro, l'adresse e-mail ou le lien donnés dans le message ou pendant l'appel. La CNIL recommande de confirmer toute demande de paiement par téléphone ou en personne auprès des contacts connus.

03

Appliquez la double validation

Cybermalveillance.gouv.fr recommande une validation hiérarchique interne, sans dérogation possible, pour les virements imprévus et les changements de coordonnées bancaires. Concrètement : la personne qui prépare le virement n'est pas celle qui le valide, et aucune exception n'est faite, même « à la demande du président ».

04

Vérifiez l'interlocuteur par une source fiable

Si quelqu'un se présente comme le représentant d'une administration ou d'une autre entreprise, vérifiez son identité par des sources fiables, comme le conseille la DGCCRF (site officiel, CCI ou CMA, Infogreffe), et non avec les coordonnées qu'il fournit.

Après coup

Que faire si le virement est déjà parti ?

Chaque heure compte. Les étapes ci-dessous reprennent celles de Cybermalveillance.gouv.fr, de la Banque de France et de la CNIL.

La récupération des fonds n'est pas assurée : selon la Banque de France, elle peut dépendre d'une procédure judiciaire. Pour savoir qui contacter, voir signaler une arnaque.

Prévention

Comment protéger son entreprise ou son association ?

  • Une procédure écrite pour les virements imprévus et les changements de RIB, connue de tous, rappelée régulièrement et adaptée à l'organisation réelle, comme le conseille la CNIL.
  • La sensibilisation des salariés, des cadres et des remplaçants pendant les congés : Cybermalveillance.gouv.fr recommande de les informer du risque d'hameçonnage.
  • Tout changement se vérifie : nouveau RIB, nouveau contact, nouvelle procédure annoncée par e-mail. Toujours par un canal déjà connu.
  • Moins d'informations publiques sur les personnes habilitées à faire des virements.
  • Des messageries protégées : mots de passe robustes et double authentification.
  • Un mot de passe interne ou une question que seul le vrai dirigeant connaît, utile face à une voix imitée (voir les deepfakes).

Pour les risques propres à chaque taille de structure, voir nos pages TPE / PME et grandes entreprises.

Avec DYLETH

Comment DYLETH peut aider ?

DYLETH ne détecte pas spécifiquement l'arnaque au président et ne lit pas votre boîte mail et ne voit pas vos virements. La détection des deepfakes est en développement et n'est pas disponible dans l'application. DYLETH ne remplace ni le contre-appel, ni la double validation, ni les contrôles de votre banque. Il apporte un repère supplémentaire quand un message ou un appel vous paraît douteux :

  • Vérifier un message : collez ou partagez le texte d'un SMS ou d'un e-mail suspect (et, sur iPhone, une capture d'écran). DYLETH indique s'il correspond à des arnaques connues ou contient des liens signalés.
  • Vérifier un numéro : saisissez le numéro qui vous a appelé pour « confirmer » le virement et voyez s'il a été signalé par la communauté.
  • Navigation protégée : les liens piégés connus, y compris ceux reçus par e-mail, sont bloqués par la navigation protégée (DNS).

DYLETH est gratuit, sur Android et iPhone. Le numéro de votre dirigeant reste celui de l'annuaire interne de votre entreprise.

Dans l'application

Un doute sur un message ou un numéro ? Vérifiez-le.

Sur iPhone, « Vérifier un message » accepte un texte collé, partagé ou une capture d'écran. Sur Android comme sur iPhone, « Vérifier un numéro » indique si un numéro a été signalé. Le contre-appel au dirigeant, sur un numéro interne connu, reste indispensable.

Télécharger DYLETH gratuitement

Vraies captures de l'application sur iPhone et sur Android, données de démonstration.

Vraie capture iPhone : écran Vérifier, onglet Un message : verdict Arnaque probable pour un SMS de faux transporteur, avec les raisons et les conseils
Vraie capture Android : écran Vérifier, onglet Un numéro : verdict Arnaque pour un numéro signalé, avec les boutons Signaler ce numéro et Bloquer ce numéro

Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'arnaque au président ?

Un escroc se fait passer pour le dirigeant de l'entreprise ou du groupe et demande à un salarié un virement urgent et confidentiel, souvent vers un compte à l'étranger. C'est la forme la plus connue de l'escroquerie aux faux ordres de virement (FOVI).

Quelle différence entre fraude au président et FOVI ?

FOVI désigne l'ensemble des escroqueries aux faux ordres de virement. La fraude au président en est une variante, à côté de la fraude au faux fournisseur (changement de RIB) et de la fraude au faux salarié.

Comment vérifier qu'une demande vient vraiment du dirigeant ?

Rappelez le dirigeant sur un numéro interne déjà connu, jamais sur celui donné dans le message ou pendant l'appel. Faites ensuite valider le virement par une deuxième personne, sans exception, même si l'on vous demande la confidentialité.

Que faire si le virement est déjà parti ?

Appelez votre banque immédiatement pour demander un retour des fonds au motif de fraude, faites suspendre les virements en attente, conservez les preuves et portez plainte au commissariat, à la gendarmerie ou par écrit au procureur de la République.

DYLETH détecte-t-il l'arnaque au président ?

Non, DYLETH n'a pas de détection spécifique de cette fraude et ne lit pas votre boîte mail (vous pouvez en revanche y coller un e-mail suspect pour le vérifier). La détection des deepfakes est en développement. Il signale les numéros et messages d'arnaque connus de la communauté, avec Vérifier un message et Vérifier un numéro.

Sources

  1. Cybermalveillance.gouv.fr — « La fraude au virement bancaire (FOVI) ou au faux ordre de virement », fiche réflexe (mise à jour le 14 octobre 2026).
  2. DGCCRF, economie.gouv.fr — « Se prémunir contre l'escroquerie aux faux ordres de virement ou “arnaque au président” », fiche pratique (14 octobre 2020).
  3. CNIL — « Le faux ordre de virement international ou “fraude au président” » (9 avril 2021).
  4. Banque de France — « Fraude aux moyens de paiement » (contre-appel, retour des fonds).
  5. Service-Public.fr — « Porter plainte » (vérifié le 8 juillet 2026).